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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 20:17
Observatoire du nucléaire - http://observ.nucleaire.free.fr
 
 

5 mars 2010 - SCOOP

 

L'Observatoire du nucléaire rend publics des
documents "explosifs" sur le réacteur EPR

 

Alors que la Commissions nationale du débat public (CNDP) annonce pour le 24 mars 2010 l'ouverture du Débat public sur le projet de réacteur EPR envisagé à Penly (Seine-Maritime), l'Observatoire du nucléaire rend publics plusieurs documents explosifs sur l'EPR :

 

- une note explicative : ici . Extrait : « A l’heure actuelle il semblerait qu’aucune démarche n’ait été entreprise et le dimensionnement de protections EPR semble succinct (…) ».

- une note technique d’EDF évoquant l’« l’EDG FA3 ». Explication :  FA3 est le diminutif de Flamanville 3 (c'est à dire de l'EPR, actuellement en chantier) et EDG est l’acronyme de l’accident « Ejection de grappe ». Les grappes servant à contrôler la puissance du réacteur, à le piloter. Ce sont à la fois l’accélérateur et le frein. L’accident d’éjection de grappe peut se comparer au blocage de l’accélérateur. A fond.

- Une étude dans laquelle les ingénieurs d’EDF ont identifié « l’accident d’éjection de grappe » comme « potentiellement problématique pour EPR ». Il est question de « dépassements très significatifs » du « critère de nombre de crayons [combustible] en crise d’ébullition ». De « 20 à 30% » du combustible pourrait alors se rompre en cas d’accident.

- Une

note d'étude d’EDF d'avril 2004 qui indique que la puissance de l’EPR serait, dans un premier temps, inférieure de 180 MWe à celle déclarée dans le Rapport préliminaire de sûreté

- Un document d'EDF qui explique que "la vocation de l’EPR est de permettre le passage (à moyen terme) à un niveau de puissance de 4 500 MWth"


Observatoire du nucléaire - http://observ.nucleaire.free.fr

 

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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 22:26

http://www.ujjef.com/index.php?idRubrique=9&Action=LireArticle&idArticle=1581

Lobbying – La démocratie et les entreprises sous influence

Profession : manipulator !
Plus fort que le Da Vinci Code, plongez dans l'incroyable univers du lobbying avec cette interview fleuve de Roger Lenglet ! Philosophe et journaliste d'investigation, il est co-auteur du livre-événement de John Stauber & Sheldon Rampton, “L'industrie du mensonge : lobbying, communication, publicité & médias”. Ceux qui étymologiquement “passaient par le couloir” ont verrouillé presque toutes les portes... Burning zone !
En prime : une petite histoire du lobbying à travers les âges !

Le Lobbying, qu'est-ce que c'est ?

Roger Lenglet : Pour en donner une définition simple, le lobbying c'est l'ensemble des pratiques d'influence exercées par des groupes d'intérêts auprès des décideurs et de tous ceux qui ont du poids sur l'opinion et la législation.

Les pratiques qui posent problème sont celles qui, sous couvert de communication ou d'information, mettent en péril le jeu normal de la démocratie et sont exercées par des cabinets de lobbying, capables de mettre en œuvre des procédés d'influence moralement très douteux.

Aujourd'hui, ces cabinets se sont multipliés. Ils ont pignon sur rue, concurrence oblige, et se présentent comme des experts en relations, communication et stratégie. Pour mener à bien leurs opérations, ils utilisent toutes les personnes qui peuvent leur apporter un relais d'influence au sein des réseaux politiques, juridiques, économiques...

Chacun d'eux se spécialise : certains interviennent sur les produits toxiques et maîtrisent parfaitement l'art de duper les journalistes et de rassurer l'opinion publique, d'autres montent des opérations de déstabilisation des industries concurrentes, livrent «clés en main» des lois ou des réglementations favorables à leur marché, espionnent les milieux associatifs, etc.

Pour y parvenir, ils instrumentalisent souvent leurs cibles, c'est-à-dire qu'ils peuvent aller jusqu'à en faire des alliés à leur insu : médias, journalistes, élus, directeurs d'administration, leaders d'opinion se trouvent ainsi soumis à toutes sortes de manipulations, soit à leur insu, soit avec leur complaisance consciente.

D'où vient le mot « lobbying » ?

Roger Lenglet : C'est un terme anglais qui renvoie étymologiquement à l'idée de «passer par le couloir», d'utiliser le moyen et le lieu opportuns pour atteindre le décideur.

A l'origine, les lobbyistes étaient ceux qui attendaient dans les couloirs du parlement les élus pour tenter de les influencer «entre deux portes». Mais aujourd'hui, les vrais lobbyistes ne sont pas ceux qui attendent dans les couloirs pour soumettre leur dossier ou leur point de vue, l'efficacité passe par d'autres démarches qui exigent beaucoup plus d'opacité, une connaissance fine des rouages politiques, des moyens très convaincants et une proximité plus soutenue.

C'est d'ailleurs pourquoi le mot lobbying a des connotations désormais négatives en Europe, et c'est aussi la raison pour laquelle le Congrès américain a voté une loi pour rendre le lobbying plus transparent en obligeant les lobbyistes à déclarer deux fois par an les sommes consacrées à leurs missions et les noms des élus qu'ils ont «démarchés».

La corruption fait-elle partie des «arguments» ?

Roger Lenglet : Dans l'arsenal des moyens utilisés, acheter un élu ou un parti ne gêne pas la plupart des lobbyistes pourvu que leurs commanditaires payent. Ouvrir et alimenter des comptes (souvent à l'étranger), offrir des emplois fictifs ou semi-fictifs, faire passer des enveloppes ou des mallettes, tout cela existe à grande échelle et aucun secteur économique n'est épargné, de même qu'aucun grand parti...

Ce n'est plus vraiment un tabou mais on en sous-estime encore communément l'ampleur de ses pratiques et l'on ferme les yeux sur les acteurs qui servent de relais. La vie des réseaux politiques dominants est assise là-dessus. L'ignorance des grands élus est feinte, cette perfusion est banalisée. En réalité, ils y ont presque tous perdus leur faculté d'indignation et sont souvent dans une confusion morale inquiétante.

Quand il s'agit de faire du lobbying avec des pratiques déloyales pour installer son supermarché ou obtenir une affaire dans une localité à la place d'un concurrent, c'est une atteinte aux règles de la démocratie et c'est scandaleux.

Mais quand c'est pour retarder l'interdiction d'un produit qui tue ou rend malade, c'est criminel ! Or, les grandes industries qui diffusent des substances cancérigènes ou neurotoxiques dans notre alimentation et notre environnement quotidien parviennent à paralyser la décision politique et sanitaire avec des véritables stratégies de lobbying qui feraient l'effet d'une bombe si elles étaient faites au grand jour.

Avez-vous des exemples de cabinets de lobbying spécialisés dans les produits sensibles ?

Roger Lenglet : L'Association française des conseils en lobbying regroupe environ une dizaine de cabinets gérant des dossiers potentiellement explosifs sur le plan sanitaire.

Leur objectif est, soit d'éviter tout débat public en confiant la gestion du dossier à des «tours de table» feutrés réunissant des politiques, des industriels et des experts, soit d'orienter rapidement ou d'éteindre les débats naissants en édulcorant habilement les informations.

Le dossier de l'amiante, qui a été géré de cette façon par un cabinet reste aujourd'hui l'exemple le plus scandaleux de ce procédé. Dans le même but, les cabinets font souvent de la veille commanditée, payée par les industriels soucieux d'éviter que la toxicité de leur produit soit connue.

Les futures crises sanitaires sont souvent connues des années, voire des décennies à l'avance, car les industriels disposent de données épidémiologiques sur leurs propres salariés exposés et en finançant des recherches qu'ils verrouillent.

Bien avant qu'une crise surgisse en France, il est fréquent que des pays aient déjà mis en cause ou interdit le produit - souvent ceux de l'Europe du Nord ou les Etats-Unis.

Leur stratégie est d'agir au plus tôt, avant même que les législateurs découvrent le problème, et de retarder le plus possible la prise de conscience claire des dégâts, pour continuer à vendre ou à déstocker, pour avoir le temps de délocaliser vers des pays moins informés ou plus souples, de débarrasser le groupe financier de la branche à risque ou de dissocier juridiquement les sociétés avant que les victimes n'agissent en justice pour faire payer les responsables.

Ils parviennent couramment à prolonger de plusieurs années des marchés très juteux mais aussi à étanchéifier et à diluer les responsabilités, etc.

Et lorsque le dossier arrive sur le bureau du législateur, il n'est pas rare que le cabinet de lobbying ait déjà concocté un texte de loi protégeant astucieusement les intérêts de leurs clients.

Certains cabinets obtiennent même parfois le recul du législateur. Des politiques sont ainsi revenus sur des interdictions de produits toxiques ou des projets d'interdictions. L'amiante est le grand cas d'école, mais des centaines d'autres produits suivent le même chemin alors que les experts connaissent déjà leur extrême nocivité.

Ces derniers, d'ailleurs, sont le plus souvent sensibilisés aux arguments économiques des industriels et finissent par banaliser la mortalité induite par les produits, acceptant le sacrifice de vies humaines en grand nombre avec une relative mauvaise conscience ou en s'imaginant qu'ils font ainsi preuve de «responsabilité politique», voire de maturité.

A cet égard, le carriérisme et les habitudes mentales jouent à fond. On se remet très peu en question dans ce milieu discret où les plus intègres avalent chaque jour des couleuvres sanitaires pour conserver leur fonction.

L'homme politique est le cœur de cible des lobbyistes ?

Roger Lenglet : Oui, car la décision finale passe toujours par les politiques. Ils obéissent aux pressions mais ce sont leurs lois et leurs décrets qui ouvrent, ferment ou maintiennent les marchés. Législateurs et gouvernements décident concrètement de l'avenir des produits.

Le rouage politique est incontournable. C'est d'ailleurs si vrai que le lobbying est un métier très ouvert aux anciens élus et aux ministres sortants. Nombre d'ex-ministres et de députés en fin de mandat viennent régulièrement grossir les rangs des lobbyistes, en attendant de revenir dans l'arène politique.
Qu'il s'agisse de rejoindre la direction d'un laboratoire pharmaceutique, d'un groupe chimique ou d'une banque, c'est efficace. Evidemment, ce n'est pas très sain...

Les anciens élus préfèrent faire du lobbying pour les grandes sociétés que pour les associations, ce qui ne profite pas vraiment à la démocratie. De grandes carrières politiques et financières se sont faites ainsi dans ce va-et-vient entre les grands groupes et les responsabilités ministérielles, voire le fauteuil présidentiel.

Georges Pompidou en a été une illustration éloquente, mais d'innombrables autres politiciens à tous les niveaux de l'Etat font ainsi office de têtes de pont pour les banques et les industriels, notamment à la direction des services administratifs, pour ne pas parler des structures judiciaires où l'on trouve également des juges et des commissaires aux comptes qui se livrent également à ce jeu et se retrouvent en situation de conflit d'intérêt évident.

De même, les attachés parlementaires, dont l'emploi est très fragile, se convertissent aussi facilement après avoir été les meilleurs relais des groupes de pression industriels ou financiers auprès de leur député. Le plus souvent, en effet, le député n'a pas entre ses mains tous les tenants et aboutissants des dossiers sur lesquels il va légiférer.

L'attaché parlementaire reste le cerveau indispensable, celui qui effectue le travail de fond, rédige les textes, oriente certains paragraphes parfois à l'insu de son député... De plus, il connaît mieux que quiconque l'art et la manière de solliciter ou de présenter les choses aux élus.

Bref, ce que l'on appelle le «pantouflage» cache en fait un véritable travail de lobbying. Certains grands lobbyistes font même profession de placer les politiques au sein des cabinets de conseil ou des directions d'entreprises.

Et les chercheurs ?

Roger Lenglet : Les chercheurs représentent aussi une cible du lobbying. Si une recherche met en cause l'innocuité d'un produit, l'opinion publique et les journalistes y sont sensibles, les politiques in fine.

Les chercheurs fondent le jugement sur la toxicité des substances et sont une pierre angulaire du discours. Plus ou moins à leur insu, ils représentent un formidable outil de communication dont l'impact est certain.
Les industriels et les politiques roués n'hésitent donc pas à faire monter au créneau leurs lobbyistes pour les aider à présenter leurs résultats, aussi dramatiques soient-ils, de façon rassurante.

Les procédés sont nombreux mais, pour n'en citer qu'un ici, j'évoquerais celui qui consiste à diviser en deux, voire plusieurs tomes, les rapports des organismes sanitaires présentant à la presse les résultats des recherches menées sur des produits de grande consommation.

Le premier tome, le plus lu, et souvent même le seul à être parcouru (les journalistes sont toujours pressés) est fréquemment rédigé de façon à donner le sentiment qu'il synthétise l'ensemble et que les volumes suivants ne sont pas d'une réelle utilité, sauf pour ceux qui voudraient approfondir le sujet (les rédacteurs en chef n'en laissent généralement pas le loisir).

Or, j'ai mené une petite étude épistémologique consistant à comparer la teneur des différents volumes. Conclusion : le premier tome, la «synthèse», est systématiquement beaucoup plus rassurant que les suivants, lesquels sont d'ailleurs le plus souvent présentés sous la dénomination d'Annexes, terme qui, logiquement, ne devrait être employé que pour désigner des documents de référence et non les comptes rendus des recherches.

Autre remarque, le premier volume n'est généralement pas rédigé par un scientifique mais par un représentant des autorités en collaboration avec ceux de l'industrie concernée... CQFD.

Mais le lobbying intervient aussi plus en amont. En finançant la recherche sur leurs produits ou en la co-finançant, les groupes privés suivent au plus près l'apparition progressive des résultats.

Cette surveillance est rendue possible par les rapports d'étape et les réunions régulièrement organisées avec les groupes de recherche. On ne compte plus les travaux stoppés par les financeurs quand ils ne conduisent pas vers des conclusions optimistes !

Pour prendre un exemple récent, j'attends toujours que les recherches sur la toxicité de l'aluminium dans l'eau du robinet soient reprises et le groupe de l'INSERM reconstitué alors que leurs résultats confirmaient les pires craintes. Je pourrais citer aussi les procédés dissuasifs obligeant les chercheurs à se taire, à rejoindre d'autres services, à accepter que leurs résultats soient réécrits pour gommer les morts, etc.

En donnant une place toujours plus grande aux industriels dans la recherche publique, l'Etat a facilité ce travail des lobbyistes en amont.

Je ne dis pas que les ministres de la recherche l'ont fait dans ce but mais le résultat est là alors que les crises sanitaires survenues au cours des dernières années montrent que l'intrusion des industriels dans les structures de prévention et de recherche leur a permis de paralyser l'alerte.

Et je connais des dossiers d'une importance folle aujourd'hui qui, ainsi bloqués, dissimulent les dégâts actuels et préparent les scandales sanitaires de demain.

De façon générale, la première question à se poser face à des résultats scientifiques est la suivante : qui a financé la recherche ? Financement privé, public, conjoint ? Aujourd'hui, les chercheurs sont de moins en moins loquaces auprès des journalistes, comportement qui coïncide avec l'intensification des privatisations du domaine de la recherche.

Quant au chercheur qui ne veut pas courber l'échine ou qui déroge à la réserve, les moyens de rétorsion sont redoutables. En France, il n'y a pas encore de loi qui protège l'éventuel lanceur d'alerte. Etat de fait qui autorise les pires sanctions, dont le licenciement pur et simple, comme on l'a vu notamment à l'INRS avec André Cicolella, viré pour avoir refusé d'oublier les études suspectant les éthers de glycol et avoir voulu communiquer à ce sujet. Une loi protégeant les lanceurs d'alerte, comme aux Etats-Unis, est une nécessité urgente en France, elle permettrait aux chercheurs de se libérer un peu du lobbying des industriels.

Les médias sont-ils alors vraiment instrumentalisés ?

Roger Lenglet : Les médias, parce qu'ils éclairent et conditionnent l'opinion publique, sont une des autres cibles-clés. Mieux vaut distinguer médias et journalistes : nombreuses sont les diffusions médiatiques, comme des films ou reportages, présentés sous forme d'information, qui ne sont pas le fait des journalistes mais de lobbyistes, c'est-à-dire des produits conçus dans le cadre d'opérations de manipulation, par exemple pour contrebalancer la progression d'une information inquiétante à l'origine d'une prudence des consommateurs. Cela peut concerner aussi bien l'agroalimentaire que les médicaments, l'eau du robinet, le nucléaire, etc.

Il faut savoir que les lobbyistes se placent de plus en plus en amont de l'information, et cela pas seulement en intervenant sur l'orientation des recherches mais sur les produits médiatiques : être en amont de la veille, quitte à prendre l'initiative de projets, avec un rôle d'incitateur de films, d'émissions et de reportages au niveau du financement, de la conception et de la diffusion.

Ils sont aussi plus souvent à l'initiative de groupes de veille sanitaire, ce qui leur permet de choisir les membres qui les composent et, à l'arrivée, l'information qui sera relayée par les médias. Il s'agit toujours d'emprunter des formes non soupçonnables de manipulation, d'avancer masqué.

En matière de santé publique, les lobbyistes exploitent la pauvreté culturelle ambiante... Ce n'est pas très glorieux pour les journalistes mais il faut bien reconnaître qu'ils ont laissé le plus souvent les médecins occuper les rubriques de santé publique dans la presse écrite et à la télévision.

Résultat : on est toujours en France dans une situation où les symboles tiennent lieu d'argument. Le titre de professeur, de médecin ou une simple blouse blanche peuvent encore suffire à convaincre un journaliste de sa bonne foi.

Et l'on peut trouver mille illustrations de ces ressorts du jugement ordinaire parfaitement disposés à la manipulation : une campagne de vaccination œuvre par nature pour le bien-être des gens, la recherche génétique sur la prédisposition aux grandes maladies est forcément un axe à privilégier, les causes de la maladie d'Alzheimer restent ignorées et sont sans doute à trouver dans les gènes puisque de grands gérontologues le disent, quels que soient les errances ou les erreurs du corps médical, il partage nécessairement les mêmes intérêts que les patients, etc.

Toutes ces croyances forment une doxa solide qui fait la fortune de ceux qui commercialisent notre santé. On pourrait faire une encyclopédie entière des idées reçues et des préjugés communs en matière de santé publique.
Dans ce domaine, les lobbyistes sont les sophistes d'aujourd'hui : comme ceux de l'antiquité, ils vendent aux riches et aux dirigeants leur savoir-faire en matière de communication.

Et ils jouent sur du velours malgré les scandales sanitaires. La sacralisation du monde médico-scientifique est telle que la vigilance et le recul critique reste un arrachement pour les journalistes eux-mêmes, sans parler de leur complexe face à des dossiers qui leur paraissent trop complexes.

Or, les tricheries scientifiques sont particulièrement courantes dans ce secteur : lisser les courbes statistiques, faire disparaître les «pics» expressifs ou les «excès significatifs» de cancers par exemple, gonfler les chiffres selon les besoins, montrer des résultats en phase avec la volonté de rassurer et de reconduire le budget du service...

Découvrir ces supercheries nécessite de l'investigation matérielle et intellectuelle que les rédacteurs en chef rechignent à commander à leurs troupes, car une véritable enquête est coûteuse et risque toujours de déboucher sur un échec, sans compter le fait que les journalistes sont peu formés à l'investigation. Au final, toutes les conditions sont réunies pour faire des médias une bonne courroie de transmission assez facile à utiliser.

Du coup, les grands investigateurs viennent souvent de la marge du journalisme : les pigistes sortent plus d'affaires que les autres, ils y mettent plus de temps et d'énergie sans que ça coûte beaucoup aux médias qui vont leur ouvrir leurs colonnes.

On voit aussi des écrivains, de simples citoyens opiniâtres ou des associations mener ces enquêtes au long cours. Reste que la culture médiatique française privilégie plus le reportage que le travail d'investigation proprement dit, qui demande un énorme investissement. Les reportages s'appuient d'ailleurs fréquemment sur le travail accompli par ces derniers.

Vous expliquez que les lobbyistes multiplient les masques...

Roger Lenglet : Les lobbyistes se cachent volontiers derrière des institutions au nom ronflant, des cabinets d'expertise, des associations à noble cause prônant par exemple la défense du consommateur, la protection de l'environnement...

Cherchez les financements et à qui profite les actions menées, vous ferez la différence entre les structures de lobbying et les autres. Parfois, c'est plus difficile, les liens directs avec le groupe industriel n'apparaissent pas facilement et leurs messages sont habiles, apparemment opposés aux intérêts de l'industrie. Ce qui leur permet d'apporter finalement une caution solide aux industriels quand ils «valident» certains dossiers.

On dupe ainsi l'opinion publique pour faire passer des décisions aussi bien au niveau local que national. Il ne faut pas hésiter à les approcher de très près, à approfondir les discussions avec eux, la plupart finissent par se trahir. Et puis il y a aussi les divines surprises, des lobbyistes qui passent dans votre camp et se rachètent une âme en vous balançant des dossiers extraordinaires...

Certains tentent aussi de vous manipuler encore plus habilement, en vous livrant des infos qui feront exploser le concurrent du groupe pour lequel ils travaillent réellement. La complexité de ce monde n'a rien à envier à celle de l'espionnage décrit par John Le Carré.

Internet est devenu, selon vous, un outil de lobbying...

Roger Lenglet : Avec Internet, la rumeur des crises est pressentie beaucoup plus tôt. Auparavant, la montée des scandales était discernable plus tard, en général trop tard pour permettre de préparer les contre-attaques à l'avance.

Dans le meilleurs des cas, les lobbyistes faisant de la veille médiatique ou scientifique apercevaient d'abord quelques allusions dans l'actualité de la recherche, puis des brèves dans la presse, des petites bulles qui disparaissaient somme toute assez vite.

L'intensification des forums de discussion et des pétitions par email a démultiplié la vitesse, le nombre et l'importance des crises dans l'opinion publique, mais cela permet aussi aux lobbyistes d'apercevoir beaucoup plus vite les premiers signes de crises, des alertes et des fausses alertes de manière quasi abusives.

Ça leur permet aussi d'intervenir plus efficacement pour étouffer des alertes, éteindre ou contrarier des rumeurs, de participer aux forums pour identifier les leaders, de faire circuler des arguments plus ou moins mensongers, et même de créer des discussions pour mieux aimanter les participants sur certains sujets...

C'est une source et un amplificateur de crise, un véritable outil pour le lobbying, qui, pouvant s'adresser directement à l'opinion publique, peut aussi l'influencer.

La toile est plus qu'un système de veille pour tous les sujets qui concernent l'entreprise, c'est un outil qui permet de contrôler l'information et de la diriger, d'en connaître les sources, les cibles, de bâtir des stratégies de communication et de dissimulation.

On pourrait aussi évoquer les techniques de relégation des sources d'information gênantes en saturant régulièrement certains thèmes et en occupant le terrain des réponses sélectionnées par les moteurs de recherche sur les sujets sensibles...

La communication de crise est-elle devenue plus efficace ?

Roger Lenglet : La communication de crise a indiscutablement profité des progrès du lobbying. C'est bon pour les industriels mais fort malsain pour la démocratie. Des logiciels pour gestion de crise ont été créés, qui permettent de répondre aux attaques et contre-attaques, de trouver des formules adaptées...

Et les résultats des lobbyistes sont de plus en plus stupéfiants. Pour exemple, les études épidémiologiques menées en France pour évaluer la corrélation éventuelle entre le taux d'aluminium de l'eau des robinets et les cas d'Alzheimer.

Ces études, qui ont duré 12 ans, ont constaté une situation assez terrible : deux fois plus de victimes de cette maladie là où le taux dépasse les 100 mg par litre d'eau. Première publication : cinq colonnes dans la presse.

Le ministère de la Santé évoque des soupçons, propose de mener des études et d'en reparler dans un an. Un an plus tard, le ministère de la santé n'est pas revenu sur la question.

Mieux valait s'abstenir au vu des bilans des 7 études épidémiologiques internationales confirmant le lien entre le taux d'aluminium et la maladie d'Alzheimer, deux à trois plus dans la population là où le seuil de 100 était dépassé...

Certains observateurs de santé publique s'alarment et préparent des déclarations à la presse. Mais soudainement, après des années de silence, les autorités sortent un communiqué de presse et un rapport de synthèse pour dire qu'il n'y a pas de problème, aucune relation démontrée, etc. !

Les médias reprennent le communiqué. Affaire étouffée. Voilà une communication de crise sidérante avec une distance sidérale entre le discours des autorités et la gravité de la situation. Des toxicologues diront à ce sujet qu'ils n'ont jamais observé un tel écart entre les résultats de la recherche réelle et le discours officiel.

La communication interne en entreprise va-t-elle tourner à la paranoïa ?

Roger Lenglet : La communication auprès de ses propres salariés dissimule en fait ce que l'on peut appeler du «lobbying interne». Il est développé pour éviter que les informations sensibles ne se diffusent à l'extérieur. Il s'agit de surveiller ce qui se dit, mais aussi d'inciter les salariés à un discours qui transmette l'image de l'efficience de l'entreprise, de neutraliser les tentatives d'intrusion des journalistes et des concurrents, de faire circuler des informations qui font perdre du temps ou égarent...

Au sein d'une entreprise, les actions des lobbyistes sont regardées avec une certaine naïveté, une incrédulité consternée, comme si la direction devenait paranoïaque. Les salariés sont habitués à ce qu'on leur demande de valoriser l'entreprise vis-à-vis de l'extérieur mais pas à se méfier à ce point. D'ailleurs, même certaines directions d'entreprises restent naïves.

Pour les convaincre, les lobbyistes en quête de clients les sensibilisent en leur apportant des preuves des opérations dont elles font l'objet de la part de la concurrence, des faits réels, comme des marchés perdus par l'entreprise et les procédés employés pour y parvenir...

Les stages se multiplient actuellement pour apprendre aux salariés (de la base de l'entreprise à son sommet) ce qu'il faut dire à l'extérieur, les précautions qu'il faut prendre quand on parle du boulot entre collègues dans les lieux publics, sensibiliser les salariés face aux lobbyistes, comment cloisonner l'information, superviser ce qui se dit...

On y apprend que le moindre agent d'entretien, videur de corbeille ou réceptionniste peut sortir des informations capitales. D'ailleurs, les journalistes d'enquête ne peuvent pas dire le contraire, ils savent depuis longtemps qu'ils connaissent souvent des choses très utiles. Autrement dit, en découvrant le lobbying dans toutes ses formes, on découvre un peu la lune.

Vous analysez l'impact d'un simple changement de nom de société...

Roger Lenglet : Apparemment anodin, le changement de nom d'une entreprise, par exemple après un scandale qu'on veut faire oublier (implication dans des versements occultes, licenciement massif, opérations ruineuses...) a en réalité des conséquences considérables.

Même si personne n'est dupe, l'effet sera finalement très positif. Par exemple quand Vivendi décide de s'appeler Veolia après les opérations ruineuses de Jean-Marie Messier et son départ houleux dans un contexte où l'on veut redorer le blason du groupe dont il faut faire remonter le cours en bourse, le simple fait de modifier le nom a un impact bien réel.

Ce qui est fort, qu'on le veuille ou non, sur le plan psycholinguistique, c'est que le nouveau mot réduit de fait les associations négatives, les images collées au précédent. N'oublions pas que les mots et leurs connotations conditionnent la pensée, les changements induits par une modification du nom sont à terme profonds.

Le fait de créer une discontinuité nominative va permettre à l'entreprise de renaître symboliquement comme si quelque chose avait effectivement changé pour l'inconscient collectif. C'est une façon de signifier au public que la direction change d'orientation, que la culpabilité a été endossée mais qu'on veut changer et rompre avec le passé fautif.

Quant aux journalistes qui, durant quelques temps, vont préciser que Veolia est le nouveau nom de Vivendi, ils vont finir par se lasser et songer que chacun ayant désormais fait le lien, il n'est plus utile de le rappeler. Ainsi, changer de nom, pour une entreprise comme pour un homme, c'est de la chirurgie identitaire, c'est changer d'identité. Le nom Vivendi restera à jamais attaché à l'ère Messier, en revanche celui de Veolia rendra les liens nauséeux, plus filandreux, et à terme les effacera de la pensée de l'opinion.

La novlangue, ou l'art d'aseptiser les vilains maux...

Roger Lenglet : On retrouve des opérations fondamentalement similaires avec les mots communs et les néologismes.

Créer de nouveaux noms pour désigner des choses désagréables peut permettre d'aseptiser le discours, employer des mots positifs pour dire des choses négatives est toujours payant, les politiques font ça sans arrêt, instruits par des conseillers qui savent que les mots c'est des stimuli et du conditionnement.

Pour un peu, vous pourriez rendre heureux des gens en leur annonçant une très mauvaise nouvelle si vous maniez bien la communication d'influence.

Trouver un nom sympathique pour des produits malsains leur donne bonne figure. Prenez le problème des boues toxiques utilisées en épandage dans les champs agricoles pour s'en débarrasser à bon compte sans s'interroger sur la contamination des légumes qui vont y pousser : dans certains pays, comme aux Etats-unis, les lobbyistes les ont fait compresser pour leur donner la forme de petites galettes et les ont renommées « nutrigalettes » car elles contiennent effectivement, outre les métaux lourds très dangereux, des résidus organiques qui ont des propriétés d'engrais.

Comme en cuisine, le nom donné au plat compte pour beaucoup dans le sentiment qu'il inspire, il vend une image, transmet un jugement. Comme l'expliquait Roland Barthes, un plat qui fait songer à du vomi tant qu'il n'est pas nommé positivement n'a aucune chance de plaire, mais donnez-lui une appellation ronflante et il fera des adeptes.

L'objectif est clairement de permettre aux multinationales du traitement des eaux de s'en débarrasser en réduisant les phénomènes de résistance dans la population. Boues toxiques, cela rappelle trop la véritable nature du produit (les pollutions dont l'eau a été débarrassée).

En revanche, nutrigalettes coupe le lien entre l'origine et le produit final. Il permet bien sûr de rassurer l'opinion, d'endormir la conscience du citoyen et sa faculté d'indignation face à un produit de cette nature répandu parmi les légumes qu'il va manger. Mieux : il lui cache ainsi le motif d'une réaction de rejet instinctive.

Trop de gens croient encore que le langage n'est qu'un outil d'expression de la pensée. Or, la linguistique a démontré depuis près d'un siècle déjà que le langage précède la plupart de nos pensées et non l'inverse.

N'est pas penseur qui veut et encore moins hors des mots. On sait depuis longtemps que le fait de réduire le vocabulaire réduit l'analyse, la synthèse et la critique. Ces conclusions de la linguistique avaient été illustrées par G. Orwell : la refonte du langage permet de s'occuper de la bonne santé des pensées de la population.

Ainsi peut-on élaguer le langage de tous les mots à « connotation bourgeoise » et surtout réduire la polysémie embarrassante de termes qu'on préfère redéfinir de manière plus étroite : liberté, démocratie, responsabilité, autonomie, art, raison...

Changer les choses, est-ce possible ?

Roger Lenglet : Chaque échec, chaque crise sanitaire qui débouche sur l'interdiction d'un produit ou sur la mise en cause de responsables, est traduit par les lobbyistes comme un échec en termes de communication dont ils tirent des leçons. Ils deviennent ainsi de plus en plus redoutables, et ils évoluent très vite.

Aux Etats-Unis et dans les pays nordiques où les contre-pouvoirs associatifs sont plus développés qu'en France, les scandales sanitaires éclatent des années avant qu'ils soient dénoncés chez nous. Ce décalage permet aux lobbyistes d'analyser les erreurs de communication qu'ils y ont commises et de se préparer à ne pas les reproduire chez nous.

En d'autres termes, ils sont plus retors en France et dans les pays qui se réveillent plus tard, car l'expérience les a instruit.

Changer les choses nécessiterait de commencer par mieux repérer les actions des lobbyistes. Il faut s'y habituer et rapidement. Une loi de transparence sur les missions des lobbyistes deviendra tôt ou tard une obligation si l'on veut sauver la démocratie.

Quant à l'autonomie et l'indépendance des chercheurs, c'est désormais un rêve. Cependant, des sources de financement parfaitement identifiées, une pluralité systématique des expertises, un peu plus de maturité éthique de la part des chercheurs qui devraient organiser leur déontologie (leur corporation est-elle plus bête que celles qui se sont dotées de protections morales et juridiques ?), plus d'investigation de la part des journalistes, plus de vigilance de la part de l'opinion publique, permettrait de contrer le jeu des lobbyistes. Si nous démissionnons devant ça, c'est tout simplement foutu.



En savoir plus :

Petite histoire du lobbying à travers les âges

Roger Lenglet : Le lobbying est aussi vieux que le pouvoir. On le rencontre à toutes les époques sous des noms divers et il s'adapte aux différentes formes de gouvernement.

Mais on peut dire que par le passé, il ne pouvait s'exercer qu'en se tenant au plus près des gouvernants, si possible du roi. C'est le phénomène de la cour, composée de tous ces intrigants qui vivent finalement dans le palais royal et qui tentent de réduire toujours plus la distance qui les sépare des décideurs, lesquels se disputent la proximité du trône et du lit. Le but est toujours de défendre ses propres intérêts, ceux de sa famille et ceux de sa corporation.

Le bien du peuple passe après, bien sûr. Il est étonnant, de ce point de vue, de voir un Machiavel, conseiller du prince, dresser une longue théorie du gouvernement essentiellement basée sur la ruse mais pour le bien public (cette fameuse fin qui justifie les moyens).

Reste qu'il préconise, pour consolider le pouvoir, de faire croire au peuple qu'il prend certaines décisions... Ce qui était bon pour Machiavel, comme lacher du lest, faire croire à l'opinion publique que c'est d'elle qu'émane la décision finale, l'est toujours aux yeux de la majorité des politiques.

D'ailleurs Machiavel est toujours enseigné comme «le fin du fin» dans les grandes écoles. Dans la formation des politiques, il est encore le plus souvent présenté comme l'indépassable. Démocrates nos hommes politiques ? Allons, allons... Mais le sujet est tabou. En réalité, pressés par l'action et les lobbies, ils sont très rares à prendre le temps de réfléchir sincèrement aux conditions d'un réel épanouissement de la démocratie.

Certains manipulateurs ont le mérite de faire des tours pendables aux rois. Beaumarchais, par exemple, faisait croire à Louis XV que des auteurs préparaient à l'étranger des pamphlets au vitriol contre lui. Puis il proposait d'aller lui-même étouffer l'affaire avant qu'elle ne s'ébruite... se faisant fort de dissuader les auteurs de publier leur brûlot en leur versant de rondelettes sommes d'argent. Il continua avec son fils, Louis XVI.

Avec le développement de la démocratie, des sciences puis des médias, les conditions de la décision se sont complexifiées, les acteurs multipliés. Le lobbying s'est donc diversifié et vise désormais non seulement les décideurs politiques mais aussi tous acteurs qui influencent les décideurs.

A partir des années 1990, la visibilité des lobbyistes commence à devenir plus grande car ils sont devenus très nombreux et se font concurrence, tout particulièrement à Bruxelles.

Ils ont besoin d'une certaine publicité auprès de leurs clients potentiels, les groupes d'intérêts.

Du coup, on les discerne mieux dans l'ensemble. A présent, les cabinets de lobbying ont souvent pignon sur rue et affichent une partie de leurs grands clients pour mettre en valeur leur réputation. Pour autant leurs opérations restent très opaques, ils vivent de l'ombre, dans l'ombre. La lumière les détruit.

Net & Digest

"L'industrie du mensonge : lobbying, communication, medias & publicité" de John Stauber & Sheldon Rampton aux éditions Agone.

Présentation de John Stauber.

Interview de Sheldon Rampton sur un de ses précédents ouvrages : "Banana Republicans".

Association française des conseils en lobbying et affaires publiques.

le site du cabinet conseil, Communication économique et sociale.

Les péripéties du livre de Roger Lenglet et de Jean-Luc Touly.
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 23:40

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/sciences/technologies/20100221.OBS7620/nanotechnologies_le_debat_tourne_court.html
Nanotechnologies: le débat tourne court

Organisé par la commission nationale du débat public à la demande de huit ministères, le débat sur «les options en matière de développement et de régulation des nanotechnologies» s’achève mardi. Obligé de se réfugier à huis clos face à la virulence des opposants, ce débat était-il mal engagé dès le départ ?

Débat pipeau, nanos imposées !» Dès la première réunion du débat public sur les nanotechnologies qui s’est tenue à Strasbourg le 15 octobre dernier, la banderole déployée par des opposants aux nanotechnologies donne le ton. La contestation est forte et veut se faire entendre.

A Strasbourg, l’intervention est impromptue mais policée, on apporte même un micro à l’intervenant. A la réunion suivante à Toulouse, le même type d’intervention se termine par une bouteille d’ammoniac jetée au sol et la salle évacuée pendant 20 minutes. A Grenoble, en décembre, la réunion tourne court. Ouverte à 20h18, la séance est levée à 20h30. Les cris, les huées, le vacarme produit dans la salle auront eu raison des tentatives de Jean Bergougnoux, président de ce débat, de maintenir la réunion publique.

En janvier, à Orsay, la salle qui doit accueillir le public est taguée, ses serrures endommagées. Le débat devient alors «atelier», les participants à l’abri dans une salle pour pouvoir s’exprimer, le public dans une autre salle. Les dernières réunions à Nantes et Montpellier sont annulées, remplacées par un débat via internet. Idem pour la réunion de clôture du 23 février.

Contre la participation et l’acceptation

L’association Pièces et Main d’œuvre revendique le «fiasco» du débat public sur les nanotechnologies (rebaptisées "nécrotechnologies"). Mobilisée contre la construction du Minatec de Grenoble dès le début des années 2000, PMO a d’emblée considéré que c’était une «campagne d’acceptabilité», une «caravane publicitaire» pour les nanotechs. Il était hors de question pour cet atelier grenoblois «de cautionner cette mascarade» en y participant.

Pour Rose Frayssinet, spécialiste des nanotechnologies aux Amis de la Terre, «cette opposition frontale n’est pas surprenante». Après moult hésitations, son association a décidé de participer au débat pour faire entendre son point de vue –elle demande un moratoire sur les nanotechnologies- mais l’a quitté avant la fin.

«Le débat était mal posé dès le départ, analyse Rose Frayssinet. L’intitulé parlait de régulation et de développement, le problème n’était pas posé de façon globale et on était déjà dans l’acceptation. On allait à l’affrontement, l’altercation était inévitable. D’ailleurs à Toulouse, le débat auquel j’ai participé était déséquilibré, poursuit-elle, la salle était remplie de pro-nanos et les opposants avaient peu de temps pour s’exprimer.»

Des outils inadaptés?

«Nous nous attendions à du chahut, mais pas au point d’empêcher le débat, ce qui est pour nous inadmissible», confie de son côté Jean-Pierre Chaussade, membre de la Commission particulière du débat public nanotechnologies. «Il y a quand même eu neuf réunions publiques qui se sont déroulées normalement, et quatre qui ont été très difficiles. Malgré cela nous avons un résultat, le débat a fait bouger les choses, la connaissance des enjeux a avancé, les médias en parlent. C’est un vrai résultat».

C’était la première fois que la CNDP s’emparait d’un sujet aussi vaste ; jusqu’à présent les débats avaient porté sur des questions parfois très polémiques mais plus restreintes ou plus locales, comme l’EPR ou la prolongation d’une autoroute. «Les instruments du débat de proximité n’étaient pas adaptés pour un sujet aussi vaste et complexe que les nanotechnologies» analyse Alexei Grinbaum, physicien et philosophe des sciences (CEA).

«Il faut d’abord mener un travail d’éducation à la réflexion, donner aux citoyens les moyens de se détacher de l’avis de l’expert et de mener une réflexion autonome. Ce n’est qu’après cette première étape, qui passe par le système éducatif, par les médias.., que l’on peut passer au débat contradictoire».

«Il n’y a pas de débat lucide possible sans passer par l’éducation
», résume Alexei Grinbaum, qui estime que ce débat public a permis une prise de conscience plutôt qu’une vraie discussion.

Utilité sociale

La CNDP va remettre ses conclusions au gouvernement dans les semaines qui viennent. Cependant dès ce mardi, les organisateurs en dresseront un premier bilan.

Selon Jean-Pierre Chaussade, deux points importants ressortent des réunions publiques de ces derniers mois. D’abord l’évaluation de la balance bénéfice /risque : «La question qu’il faut se poser face à un sujet qui comporte autant d’incertitudes en termes de santé, d’environnement ou de technologies, c’est celle des risques par rapport à l’utilité sociale. Il faut définir des priorités et des barrières». Autre message que la CNDP devrait faire remonter : la demande de nouvelles structures de gouvernance sur les nanotechnologies au niveau local, incluant des citoyens. Reste à voir ce qu’il adviendra de tout cela dans les arbitrages gouvernementaux.

«Il ne faut surtout pas se replier, se laisser intimider par cette opposition virulente, conclut Jean-Pierre Chaussade. Il ne faut pas refermer la porte et laisser ceux qui savent décider seuls. Au contraire, je crois qu’il il faut toujours plus de débats, en améliorant la forme».

Cécile Dumas
Sciences et Avenir.fr

21/02/10
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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 20:14
COMMUNIQUE DE STOP TRANSPORTS-HALTE AU NUCLEAIRE
MEMBRE DU RESEAU "SORTIR DU NUCLEAIRE"

 

L'AUTORITE DE SURETÉ NUCLÉAIRE EXIGE LE REMPLACEMENT DES GÉNÉRATEURS DE VAPEUR DU RÉACTEUR N° 2 DE FESSENHEIM : L'ARRÊT DÉFINITIF DU RÉACTEUR EST LA SEULE RÉPONSE POSSIBLE.

En mai 2009; lors de l'arrêt pour "rechargement du combustible et travaux de maintenance" du réacteur n°2 de la centrale de Fessenheim, des traces de corrosion suspectes et des fuites ont été observées sur des tubes internes d'un générateur de vapeur. La même observation avait été faite quelques semaines plus tôt à la centrale de Bugey (Ain) contemporaine de celle de Fessenheim.

L'étude des causes de ces fissures et des moyens d'y remédier a pris le reste de l'année 2009 : le réacteur 2 de Fessenheim n'a pu redémarrer avant décembre… En janvier 2010, le verdict de l'Autorité de Sûreté Nucléaire est tombé /: *" L’ASN a demandé à EDF de réaliser une revue complète de la surveillance et de la conception des GV <http://www.asn.fr/index.php/content/view/full/900/%28mot%29/3482#definition> qui permettra entre autre de veiller à ce que ces opérations de remplacement soient suffisamment anticipées pour éviter que des dégradations trop importantes n’affectent ces équipements."* /En d'autres termes: il faudra pourvoir plus rapidement que prévu au remplacement des générateurs de vapeur souffrant */"d'anomalies importantes/*".

En 2001 déjà, les 3 générateurs de vapeur du réacteur n°1 avaient été remplacés, pour un coût dépassant les 100 millions d'euros de l'époque. Ces trois monstres de 300 tonnes, hautement radioactifs, sont toujours stockés sur le site de la centrale.
Construire de nouveaux générateurs de vapeur (en Italie ou au Japon – bonjour l'indépendance énergétique…) prend du temps. Installer de nouveaux générateurs demande une bonne demi-année de travail, durant laquelle le réacteur ne produit bien évidemment pas d'électricité. Cela fait déjà trois ans que ce réacteur n'est capable de fonctionner que 60% du temps pour cause de pannes multiples… Et même lorsqu'il fonctionne, il ne représente que moins de 1% du courant électrique produit en France.
En 2010, le réacteur devra encore stopper pour 4 ou 5 mois pour sa 3^ème visite décennal, et aucun changement de générateur ne sera encore possible. Au mieux, ce vieux réacteur obtiendrait une dizaine d'années de sursis.

Les 150 millions d'euros et les 6 mois d'arrêt que représentent les changements de générateurs de vapeur ne pourront jamais être récupérés en 10 ans. Il ne s'agit plus de réparation, mais d'acharnement thérapeutique !

Depuis longtemps nous savions que le nucléaire nous entraîne dans une impasse tant technologique que financière. Ce nouvel épisode est une illustration éclatante que la sagesse la plus élémentaire impose d'arrêter définitivement ce réacteur et de mettre un terme à cette illusion dangereuse qui nous fait croire à un avenir nucléaire. Nos dirigeants finiront-ils par le comprendre ?
(D'autres que nous l'ont compris : sur les 8 réacteurs américains similaires à Fessenheim qui ont été définitivement arrêtés, 5 l'ont été en raison de générateurs de vapeur défaillant, pour lesquels la réparation ou le remplacement aurait été trop cher…)

Pour STOP TRANSPORT – HALTE AU NUCLEAIRE
Rémi Verdet (06 13 36 71 89)
Jean-Marie Brom (06 08 98 79 40)
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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 00:03
Crise : l’heure de vérité se rapproche

L’effondrement des Bourses les 4 et 5 février derniers a montré que la crise entrait dans une nouvelle phase. L’automne 2008 avait vu le paroxysme de la crise financière et, dans la foulée, sa transmission à l’économie réelle. Cependant, après une chute phénoménale en 2009 du PIB américain de – 2,4% (sans véritable précédent depuis la grande crise), on avait cru pouvoir noter un redressement, vite baptisé «sortie de crise». Illusion: l’économie mondiale était en état de lévitation, touchant à peine le sol, portée à bouts de bras par un soutien public d’une extraordinaire ampleur. Laissant filer les déficits, se portant au secours des banques, mettant en œuvre des plans de soutien, les déficits publics ont atteint d’incroyables niveaux: 10 % du PIB aux Etats-Unis, 8% en France, plus de 12% au Royaume-Uni. Du coup, l’endettement public a crevé tous les plafonds, atteignant 85% du PIB aux Etats-Unis ou 76% en France.

Comme dans un match de rugby on se refile un ballon qui brûle les mains, ainsi a-t-on transformé le surendettement des ménages américains en surendettement des Etats. Quand un débiteur s’avère incapable de faire face aux échéances, il n’y a que deux façons de s’attaquer à la dette en suspens: la transférer ou l’annuler. Annuler les dettes aurait signifié entrer dans une crise financière, puis économique, de très grande ampleur; on a préféré, encore une fois, la fuite en avant, et la dette privée a été transformée en dette publique. Ainsi, le problème n’a pas été surmonté, mais seulement déguisé, et déplacé.

Le surendettement public est universel, mais il y a toujours des maillons faibles. Ceux-ci se nomment Grèce, Espagne, Portugal, Irlande. La Grèce (dont la dette publique devrait atteindre les 125% du PIB en 2010) a été placée de fait sous tutelle de la Commission européenne. Mais les autres pays ne sont pas en reste et les pourcentages correspondants prévus pour 2010 s’élèvent à 85% pour le Portugal, 83% pour l’Irlande (44% en 2008), 66% pour l’Espagne (40% en 2008).

Il était évident dès le départ que cette situation ne pouvait pas durer. Le privé (consommation des ménages, investissement des entreprises) devait prendre la relève du public, permettant à celui-ci de se retirer. Le grand problème est que le privé n’a toujours pas embrayé sur le public, et le grand changement est que commence à prévaloir dans l’establishment la crainte qu’il en soit encore ainsi pour de longs mois.

L’idée qu’en somme la crise est loin d’être terminée, et que nous ne sommes pas dans un schéma en V, ni même en W, mais sans doute plutôt en L. Or, les plans de redressement des finances publiques qui ont été présentés jusqu’ici sont tous basés sur l’hypothèse d’un redressement vigoureux de l’économie, qui permettrait de réduire les déficits plus par l’accroissement rapide des recettes fiscales que par la réduction drastique des dépenses publiques.

Si le redressement attendu n’est pas au rendez-vous, exit l’hypothèse d’une montée rapide des recettes fiscales et les gouvernements des pays qui sont dans le collimateur des investisseurs sont placés devant un dilemme redoutable. Soit ils poursuivent le soutien à l’économie, évitent son effondrement, mais entrent dans une spirale autoentretenue dont on ne voit pas la fin, car ils aggravent leurs déficits de telle sorte que ceux-ci sont de plus en plus coûteux à couvrir. Soit ils abandonnent le soutien à l’économie, retirant l’échafaudage public, mais ils risquent alors de précipiter l’économie dans les profondeurs, sans avoir pour autant la garantie d’une réduction du déficit public.

Ces pays sont tous membres de l’Union européenne, et on peut penser qu’ils auraient droit à un soutien de l’Union en tant que telle ou de certaines de ses composantes. Mais si les principales puissances économiques européennes décident d’aider ceux qui se débattent avec de l’eau jusqu’au cou, elles risquent d’être entraînées et de couler à leur tour, et ce d’autant plus qu’elles sont elles-mêmes très endettées. Si ces puissances ne le font pas et que les pays les plus directement menacés font défaut sur leur dette, elles savent que la crise sera relancée de façon spectaculaire et qu’elles sont les suivantes sur la liste.

«Les marchés» ne pensent pas, ne parlent pas, ils envoient des signaux, mais ceux-ci sont, en l’occurrence, assez clairs. «Les investisseurs» sont manifestement de plus en plus convaincus que les pays menacés ne pourront plus soutenir leurs économies très longtemps. Il faudra alors sortir de la situation «par le bas», c’est-à-dire rechercher le redressement des finances publiques surtout par la réduction des dépenses.

Inutile de se faire des illusions: après avoir volé, à fonds perdus, au secours des capitalistes, c’est aux travailleurs que ces gouvernements demanderont de faire des sacrifices, par augmentation des impôts ou destruction des services publics. L’effondrement des marchés qui vient d’avoir lieu peut alors facilement être interprété comme un sévère coup de semonce, un appel aux gouvernements sur la sellette de se mettre dans les plus brefs délais à l’ouvrage, de montrer qu’ils sont capables de s’attaquer à la masse de la population pour sauver une infime minorité. Aux travailleurs d’organiser la résistance, car cette crise est celle du capital, il n’est pas question d’en payer les pots cassés.
Isaac Johsua

Isaac Johsua est économiste, membre du Conseil scientifique d’Attac.
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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 01:01

CODE DE L'ENVIRONNEMENT
(Partie Législative)

Article L110-2

Les lois et règlements organisent le droit de chacun à un environnement sain et contribuent à assurer un équilibre harmonieux entre les zones urbaines et les zones rurales.
Il est du devoir de chacun de veiller à la sauvegarde et de contribuer à la protection de l'environnement.
Les personnes publiques et privées doivent, dans toutes leurs activités, se conformer aux mêmes exigences.

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 20:10
Ils sont venus, ils sont tous là, pour une belle photo de famille. Quelle famille que celle du capitalisme triomphant qui transmute le carbone en euros et en dollars ! Vive la pollution, vive la couche d’ozone, vive le réchauffement climatique et vive ceux qui, pour en faire commerce, bénéficient de l’ensemble des médias planétaires. Il fallait faire peur aux pauvres et aux moins pauvres. C’est fait. Avec les même images de la banquise qui s’écroule et de ce bel ours blanc qui dérive sur un morceau de glace. Bravo ! Joli scénario. La Terre se meurt et l’homme — c’est a dire, vous et moi , mais sûrement pas les multinationales — en est le seul responsable !
Coupable !

Vous n’aviez qu’à éteindre la lumière du couloir avant de partir ! Vous n’aviez qu’à ne pas laisser votre téléviseur ou votre ordinateur en veille le soir ! Vous n’aviez qu’a acheter des ampoules basse consommation ! Vous n’aviez qu’à recycler vos déchets ! Vous n’aviez qu’à rouler à vélo ! Vous n’aviez qu’a prendre le train — même s’il a été supprimé car il n’était pas rentable ! Vous n’aviez qu’a vous chauffer à l’électricité nucléaire fournie par un prestataire privé, de préférence ! Vous n’aviez qu’à ne pas manger autant de viande de bovins dont les flatulences ignobles percent la couche d’ozone ! Vous n’aviez qu’à ne pas acheter cette belle salle à manger dont le bois, à coup sûr, provient de la déforestation de la forêt primaire ! Vous auriez dû faire l’impasse sur votre pot de yaourt qui fait en moyenne 7 600 kilomètres pour venir échouer dans votre assiette !

Non, mais, puisqu’on vous le dit ! Vous n’êtes pas raisonnables du tout, vous les humains ! Même Sarkozy vous le dit ! Vous n’êtes pas du tout, du tout, responsables. A la limite du laxisme même ! C’est à cause de vous que les océans vont monter de plusieurs mètres, envahissant, de ce fait, des pans entiers de votre beau pays en noyant femmes, enfants, vieillards et chômeurs ou autres crève la faim ! Oui. Vous l’avez bien entendu, c’est à cause de vous ! Même Cohn Bendit vous l’a dit, et vous avez été nombreux à voter pour lui ! Et Nicolas Hulot, il vous le dit aussi en vous fourguant ses déodorants et autres produits dérivés ! Même Greenpeace vous le dit dans ses campagnes médiatiques : vous êtes responsables... Vous polluez trop... Coupable ! Coupable ! Oui, coupable, même vous le chômeur aux fins et aux débuts de mois difficiles, même vous qui dormez dans la rue ! Tout est de votre faute ! Tout !

Vive la décroissance !

Et pourtant... Et pourtant, personne ne vous le dit, mais... nous allons vous faire une confidence : tout ce qui arrive à notre pauvre planète, alors bien sur, vous êtes un peu responsable, parce qu’on vous a conditionné, mais le problème, il est ailleurs ! Il est dans la consommation et la croissance !
Hé oui, tout ce qui arrive mais dont personne n’a parlé à Copenhague et pour cause, c’est la faute du flouze, de l’oseille, de l’artiche.. Du fric quoi !

C’est pour cela que Le CITOYEN soutient la décroissance ! Car c’est le seul moyen de sauver la planète. Consommer moins, beaucoup moins.
Aller à l’essentiel en banissant le superflu.

Et si la croissance s’arrête, imaginez ce qui va se passer ! Plus de CAC 40, plus de boursicoteurs qui s’en mettent plein les fouilles, plus de fonds de pension, plus de dividendes à deux chiffres, plus de banquiers qui jouent au Monopoly avec votre argent. Et peut être, plus de délocalisation, le coût de la vie qui diminue, les légumes et le pain au juste prix. Il n’y aura plus aucun intérêt de privatiser le service public. Imaginez ce monde là ! Il est souhaitable, possible si nous décidons de moins consommer ou de consommer plus intelligemment. Et si nous relocalisons l’industrie, l’agriculture... Si le pot de yaourt ne faisait plus que 20 km pour venir dans votre assiette au lieu des 7 600 d’aujourd’hui ! Imaginez, imaginez !

Quand le Dieu de la finance change le carbone en dollars et en euros

Ce n’est ni a Kyoto, ni à Copenhague que les problèmes climatiques et celui, plus crucial encore, de la survie de l’espèce humaine vont trouver une solution à la hauteur des enjeux. Non. Dans ces sommets là, on parle pognon et l’on imagine la meilleure solution de faire du fric avec l’écologie et la peur du lendemain. On appelle cette façon de faire, le capitalisme vert et les écotartufes qui gravitent autour, les All Gorre, Hulot, Arthus Bertrand ne sont que des marionnettes agitées par les grands de ce monde pour effrayer le bon peuple et le culpabiliser afin qu’il accepte les solution que le capitalisme propose. Ces solutions, vous les connaissez : payez ! Payez encore et toujours. Taxe carbone, TIPP, etc. L’imagination est au pouvoir quand il s’agit de plumer le consommateur, le contribuable et les pauvres en général.

Elle l’est tout autant quand il s’agit de faire des cadeaux somptueux à ceux qui polluent le plus ou qui font le plus de bénéfices.

Le coupable de tous nos maux porte le nom de capitalisme, c’est lui qu’il faut combattre et éradiquer et non pas l’homme. Plaçons l’être humain au centre de toutes les préoccupations et nous sauverons la terre et l’humanité.

 

http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4348

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 12:54

Bastamag - 29 janvier 2010 - Propos recueillis par Agnès Rousseaux
 
"Avec les nanotechnologies, nous entrons dans une société de contrainte, totalitaire"
 
Le développement des nanotechnologies amènera-t-il une société de surveillance totale, où le comportement de chaque être humain sera épié et analysé en permanence ? Allons-nous vers une tyrannie technologique, où l’homme-machine sera prisonnier de la société-fourmilière ? Des réflexions portées par le collectif grenoblois Pièces et main d’œuvre, qui fait partie des plus anciens et des plus farouches opposants aux nanotechnologies. Rencontre avec ces militants, critiques du « système technicien », qui ont bien voulu répondre, par écrit, à nos questions.
 
Basta ! : Le gouvernement a lancé depuis octobre un débat national sur les nanotechnologies, piloté par la Commission nationale du débat public. Pourquoi qualifiez-vous cette initiative de « débat pipeau » et de « campagne d’acceptabilité » ?
Pièces et main d’œuvre : La Commission nationale du débat public a été mandatée par le gouvernement pour une série de pseudo-débats sur les nanotechnologies, dix ans après la décision d’investir massivement dans ce domaine, trois ans après l’inauguration de Minatec, le « premier pôle européen de micro et nanotechnologies » à Grenoble, et alors même que le « Plan de relance » et le « grand emprunt » de Sarkozy font des nanos leur priorité. Il ne s’agit pas de permettre à la population des choix politiques, mais de les lui faire avaliser, après coup. Les décideurs redoutent ce qu’ils nomment le « syndrome OGM » – une révolte d’opinion contre les nouvelles technologies – et usent de procédures d’acceptabilité mises au point par des sociologues selon lesquels « faire participer, c’est faire accepter ».
 
« Nanotechnologies = maxi-servitude » peut-on lire sur les banderoles des opposants à ce débat public. En quoi ces technologies sont-elles selon vous un outil d’asservissement des êtres humains ?
Par l’informatisation et la numérisation totales de la planète et de nos vies, les nanotechnologies nous font basculer dans un monde entièrement piloté par la machine, et nous transforment en rouages de cette machine, au même titre que les marchandises, les infrastructures, l’environnement, etc. Représentez-vous un filet électronique aux mailles ultra-fines, composé de quantités d’outils miniaturisés (objets communicants disséminés partout, puces à radiofréquence, capteurs de toutes sortes, caméras « intelligentes » à reconnaissance faciale ou de détection de comportements « atypiques », lecteurs biométriques, GPS, oculomètres pour suivre le regard, scanners corporels, etc), collectant en permanence des milliards de données sur nos comportements, nos habitudes, nos déplacements, nos relations, nos idées.
Au-delà de la surveillance totale qu’implique une telle collecte de données personnelles, la servitude technologique réside dans cette connexion permanente à tout et à tous, et à la dépendance envers le système technicien et industriel pour la moindre activité, dans les gestes jusqu’ici réalisés de façon autonome – depuis les courses pour la maison jusqu’au soin des enfants ou des personnes âgées.
Pire, ces immenses quantités d’informations alimentent les statistiques à très grande échelle, qui permettent de réguler le moindre aspect de nos vies et de nos rapports humains, de lisser les flux, de supprimer tout obstacle au fonctionnement global de la société-fourmilière. C’est la fin de l’imprévu, de l’impromptu, des frictions qui sont la vie. Le groupe IBM, avec son projet de « planète intelligente », annonce que ses systèmes permettront bientôt d’anticiper les délits, par exemple.
 
Un de vos textes [1] évoque l’avènement d’une « société de contrainte » : « L’accélération technologique est l’autre nom de l’expansion totalitaire. La société de contrôle, nous l’avons dépassée ; la société de surveillance, nous y sommes ; la société de contrainte, nous y entrons. » Comment les nanotechnologies contribuent-elles à cette « société de contrainte » ?
Les dispositifs décrits ci-dessus, dont beaucoup sont déjà opérationnels, constituent l’outillage de la société de surveillance. Parallèlement à cette gestion de masse des populations, les nanotechnologies permettent l’intervention précise sur chaque individu. La convergence entre les nanos, les biotechnologies, l’informatique, les sciences cognitives rend possible l’alliage du vivant et de l’inerte, et la création d’implants électroniques pour le corps. A Clinatec, clinique expérimentale du cerveau créée par le Commissariat à l’énergie atomique et Minatec à Grenoble, on nous promet « des nanos dans le cerveau ». Les neuro-technologues conçoivent des implants neuronaux destinés à réduire les effets de la maladie de Parkinson, mais aussi à modifier le comportement de personnes qui présentent des troubles obsessionnels compulsifs (TOC), des troubles de l’alimentation (anorexie, boulimie) ou des dépressions.
Les nanotechnologies mettent à notre disposition des moyens de réguler nos humeurs (finis les suicides au travail), nos comportements, nos sensations. Bref, d’intervenir dans notre for intérieur, plus finement que les méthodes biochimiques ou que les trois heures et demi de télévision quotidiennes.
 
Ne pensez-vous pas que les nanotechnologies puissent avoir une utilité sociale, comme les applications médiales qui permettraient de cibler les cellules à soigner, ou les projets de stockage du CO2 pour lutter contre le réchauffement climatique ?
Les chercheurs utilisent la santé et l’écologie pour promouvoir les nouvelles technologies. Lutter contre le cancer, d’un point de vue rationnel, exigerait de s’attaquer aux causes d’une épidémie qui s’accélère dans les sociétés industrielles : pollution de l’air, de l’eau, des sols, addition et mélange des toxiques chimiques, nucléaires, électromagnétiques, etc. Au contraire, les laboratoires se ruent sur l’innovation pour réparer les dégâts des précédentes innovations. Les nanotechnologies promettent en même temps de soigner les tumeurs cancéreuses, et d’en produire de nouvelles, via la dissémination des nanoparticules toxiques dans l’environnement. Ainsi est-on assurés d’un nouveau cycle du cancer profitable à la croissance.
Ce qui vaut pour la santé vaut pour la crise écologique. L’investissement dans les « technologies vertes » ou « écotechnologies » – le nucléaire, les biotechnologies et les nanotechnologies – n’a pas pour objet de supprimer les causes de cet effondrement, mais vise à donner au système industriel et capitaliste un nouvel essor. Il s’agit de continuer comme avant.
 
Êtes-vous opposés à la recherche fondamentale dans le domaine des nanosciences, ou seulement aux applications industrielles des nanotechnologies ?
Depuis le projet Manhattan (la bombe atomique américaine) et l’avènement de la Big Science, l’organisation de la recherche ne permet plus de distinguer entre « recherche fondamentale » et « recherche appliquée ». La différence entre les deux se mesure en unité de temps : quelques années séparent désormais le « fondamental » des applications, et chacun sait que les laboratoires sont soumis à la loi de la rentabilité des investissements : pas de financements (publics ou privés) sans perspectives de débouchés industriels.
Ce que l’on nommait il y a quelques années le « transfert de technologie » (du laboratoire vers l’industrie) est dépassé. Désormais nous vivons sous le règne de « l’innovation », qui, en langage technocratique, désigne l’association entre les chercheurs et les industriels dès le stade de la « recherche & développement », pour aboutir rapidement à de nouveaux produits destinés à alimenter la consommation et la croissance. Ce processus est au cœur du développement des nanotechnologies, comme en témoigne l’exemple de Minatec à Grenoble. Il est illusoire de distinguer « recherche fondamentale » et applications.
 
Pourquoi selon vous un tel engouement des chercheurs et des pouvoirs publics pour les nanotechnologies ?
Un responsable de l’Afnor, par ailleurs conseiller scientifique d’Arkema, a répondu lors du pseudo-débat de la CNDP [Commission nationale du débat public], à Lyon le 14 janvier dernier : « Mais si l’on ne fait pas les nanotechnologies, il n’y aura plus de technologies du tout ! » On en est là, d’après l’un des membres de cette techno-caste qui nous a conduits au désastre. 250 ans d’expansion industrielle ont à peu près épuisé les minerais fossiles. Les nanotechnologies se présentent comme la possibilité de faire toujours plus (de marchandises, de services), avec toujours moins (de matière et d’énergie). Du point de vue de l’expansionnisme industriel il n’y a pas de choix : c’est marche ou crève. Ensuite les rivalités entre nomenklatura économiques et le mimétisme fouettent l’emballement technocratique. Les chercheurs ont vite appris à ajouter le suffixe "nano" à leurs projets de recherche pour décrocher contrats, crédits et financements.
 
Vous écrivez que via l’industrie, le « pouvoir de transformation matérielle s’est mué en pouvoir tout court, économique, militaire, politique, faisant de chacun de ces domaines, un secteur de la technique ; de leur ensemble, le « système technicien » [2]. Comment analysez-vous cette transformation ?
D’un pur point de vue technique, et toutes choses égales par ailleurs, il n’existe jamais qu’une seule meilleure solution. La technique est par excellence le domaine de l’efficacité et de la rationalité séparée. Mais à partir du moment où dans chaque secteur d’activité prévaut le critère technique et ses valeurs associées, la politique, l’économie, la guerre se transforment d’abord et quasi-exclusivement en techniques de la politique, de l’économie, de la guerre, etc. Ils sont tous réordonnés et réunifiés sous l’angle et le primat de la technique dont ils ne deviennent plus que des parties interdépendantes, subordonnées et intégrées. L’industrie multiplie quantitativement les forces du système technicien, lui donnant une puissance écrasante face à l’individu isolé et pis encore pour le dissident.
 
Le développement des nanotechnologies s’inscrit-il dans la lignée de ces utopies post-humaines, où la technique, les machines et robots remplaceraient ou amélioreraient l’Homme ? Que pensez-vous de l’utopie d’un « l’homme augmenté », capable de dépasser ses limites ?
Il y a deux écoles. Les « transhumanistes » et les « post-humanistes » décomplexés comme on dit, partisans de l’eugénisme technologique, et puis les humbles serviteurs d’une science ennuyeuse et triviale, vouée à augmenter les cadences de calcul des ordinateurs, à produire des textiles « intelligents », etc. Les premiers servent de repoussoirs aux seconds qui peuvent ainsi se poser en « juste milieu » entre « technophiles » et « technophobes ». Mais le discours « post-humaniste » gagne les scientifiques français, trahissant ainsi cette fausse symétrie. Comme le dit l’un de leurs porte-paroles : « Après tout, qu’avez-vous contre l’Homme augmenté ? »
Il y aurait trop d’objections à soulever, parmi lesquelles on se bornera à celles-ci. A supposer qu’elle soit souhaitable, les hommes ne seront pas plus égaux devant cette « augmentation » qu’ils ne le furent devant quelque avantage que ce soit. Contrairement à ce que s’imaginaient Tocqueville et Marx, la technologie accroît l’inégalité des conditions entre les sociétés, les classes et les individus. Celle-ci servira aussi à la production de l’homme diminué, proche de l’ilote mécanique et adapté aux nouvelles conditions de la vie sur Terre. Mais la plupart croiront toujours faire partie des vainqueurs, de « l’humanité augmentée » et malheurs aux vaincus, l’humanité diminuée. La technologie est la continuation de la politique par d’autres moyens, et c’est donc de politique que nous devons parler avant toute poursuite de la fuite en avant technologique.
 
Quelle devrait être selon vous l’attitude des pouvoirs publics, des chercheurs, des industriels face aux nanotechnologies ?
Selon les « experts », il faut comparer le déferlement des nanotechnologies à un tsunami. On ne contrôle ni n’encadre un tsunami. Choisir les nanotechnologies, c’est décider la bascule dans un monde radicalement différent – le nanomonde – dont il paraît dérisoire de gérer à la marge telle ou telle nuisance. Si l’on refuse de livrer sa vie entière à la machine, d’être dépossédé de ses facultés, de son autonomie, de sa liberté, au profit du pilotage technologique de l’hyper-système global, il faut refuser les nanotechnologies.
 
Pensez-vous que votre mode d’action, notamment la perturbation actuelle du débat public, soit efficace ?
Nous menons une bataille d’idées. Notre activité principale depuis près de dix ans est l’enquête critique : nous avons publié des dizaines de textes et cinq livres (aux Éditions l’Echappée), nous participons à de nombreuses réunions publiques, et nous avons lancé la contestation des nanotechnologies dès 2003. Avec d’autres, nous avons organisé la première manifestation au monde contre les nanos, le 1er juin 2006, à l’occasion de l’inauguration de Minatec.
L’opération de communication du gouvernement, via les pseudo-débats de la CNDP, est une tentative pour étouffer cette contestation. Nous avons appelé au boycott et au sabotage de cette manipulation qui vise à faire croire à la population qu’elle à son mot à dire dans les plans étatico-industriels. Grâce à sa caravane publicitaire dans 17 villes de France, à son budget de plus de deux millions d’euros, au travail des deux agences de communication recrutées pour l’assister, la CNDP a élargi la contestation des nanotechnologies à une plus large part de la population, et à une critique plus générale de la tyrannie technologique. Certes elle ne l’a pas fait exprès, mais c’est bien tout ce qu’on peut dire en sa faveur.
 

 

Voir le site de Pièces et main d’œuvre

Notes
[1] Thèses pour le temps présent, préface de « Terreur & Possession », l’enquête de Pièces et Main d’œuvre sur la police des populations à l’ère technologique, Editions L’Echappée, Montreuil, 2008, 334 pages, 14 euros.
[2] selon le terme employé par Jacques Ellul

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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 23:44
L'Est Républicain - Vendredi 22 janvier 2010 - Baptiste BIZE
 

Nucléaire : la bombe de Bonnet
Le conseil municipal a approuvé, mercredi soir, une délibération qui confirme son opposition à l'enfouissement des déchets nucléaires dans le sous-sol communal.  Le texte de la délibération a été rédigé en deux minutes sur un coin de table à l'instant de passer au vote, mercredi soir : « Suite à la présentation de la ZIRA 5 le 18 novembre ayant donné lieu à un avis défavorable, le conseil municipal de Bonnet, par principe de précaution, refuse l'enfouissement des déchets nucléaires MA-VL et HA-VL dans le sous-sol de la commune ».
 
Peu importent les mots. Pour le maire de Bonnet, seul le résultat compte. Or, avec six voix pour, trois contre, un vote nul et un bulletin blanc, Jean-Pierre Remmelé tient son vote en bonne et due forme. Un message envoyé au gouvernement à qui l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs a soumis une proposition de zone de 30 km2 dite « d'intérêt pour la recherche approfondie » sur le territoire des communes de Bonnet, Bure, Ribeaucourt et Mandres-en-Barrois, entre Gondrecourt-le-Château et Montiers-sur-Saulx.
 
Le 18 novembre dernier, quand le maire avait demandé à ses conseillers municipaux s'ils étaient prêts à le suivre, aucun n'avait manifesté d'hésitation. Emmenés par José Diemoz, cinq conseillers se sont depuis désolidarisés. Ils ont aussi été reçus en comité restreint par l'Andra. Mercredi soir, le vote de la délibération qui n'aurait pu être qu'une formalité a donc donné lieu à un vif débat pendant une heure.
 
Pas toujours à la hauteur des enjeux. José Diemoz et ses amis veulent que la commune refuse l'argent de la filière nucléaire et consulte les habitants même en dehors du cadre légal. Ils accusent l'Andra d'avoir « tout acheté » et font remarquer qu'ils sont « contents d'avoir de la lumière ». Ils ne sont en fin de compte ni pour ni contre le stockage souterrain des déchets radioactifs ; simplement contre le maire.
 
« De toute façon, c'est pas parce que Bonnet est contre qu'on va changer la face du monde », estiment les opposants en croyant utile de préciser qu'ils n'ont « rien touché de l'Andra ». « Vous manquez un peu de recul mes amis ! », s'agace Jean-Pierre Remmelé qui voit au contraire dans le vote de sa commune le début d'un grand mouvement d'opposition. « C'est la première fois depuis 1994 qu'un conseil municipal a l'occasion de se prononcer sur l'enfouissement des déchets radioactifs... Quand le gouvernement aura fait son choix, il sera trop tard, ce ne sera plus la peine de la ramener. »
 
« Précaution ». Le maire qui soutient la pétition lancée dans le village pour demander l'organisation d'un référendum local ne désespère pas de parvenir à empêcher le stockage souterrain des déchets radioactifs. « Jusqu'à présent, on ne peut pas dire que la filière nucléaire a toujours été exemplaire en France », insiste-t-il. « Face à la situation actuelle des déchets, c'est le principe de précaution qui doit être retenu. » « Notre délibération peut faire boule-de-neige », estime son adjointe. Une manière optimiste de reconnaître que la décision du conseil municipal de Bonnet, à elle seule, n'empêchera pas l'Etat de passer.
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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 23:30

Source / auteur : Greenpeace

Scène de ménage à propos des poubelles dans le couple nucléaire

mis en ligne mercredi 20 janvier 2010 par jesusparis


Depuis hier Areva et EDF échangent des noms d’oiseaux par voie de presse. Pour Greenpeace c’est une nouvelle preuve de l’échec du modèle énergétique français et de son incapacité à gérer le problème des déchets nucléaires.

EDF reproche à son principal partenaire de ne plus alimenter ses centrales et à l’inverse Areva dément et annonce que ce sont les déchets d’EDF qui n’arrivent plus à l’usine de la Hague pour être retraités.

« Ce crêpage de chignons entre les deux géants du nucléaire met en lumière l’inextricable problème du retraitement des déchets, déclare Yannick Rousselet, chargé de campagne Nucléaire de Greenpeace France. Vis-à-vis des déchets, EDF pourrait faire le choix de l’immense majorité des électriciens du monde, c’est-à-dire le stockage du combustible irradié dans leurs centrales en l’état, qui est la moins mauvaise des solutions. Il suffit simplement de le conditionner sans le retraiter. EDF y gagnerait économiquement et en matière de gestion écologique du problème. »

Un modèle français aberrant

La France avec Areva est la seule à avoir choisi l’option exclusive du retraitement des déchets nucléaires. C’est un procédé très couteux, très polluant pour l’environnement et créant des risques importants d’augmentation de la prolifération des matériaux fissiles dans le monde.

La majorité des autres pays stockent leurs déchets en l’état.

« Cela démontre que ce choix industriel n’est pas un choix dicté par des raisons concrètes et défendables mais bien par une volonté de l’Etat qui veut soutenir les prétendus « fleurons » de l’industrie française. » rappelle Yannick Rousselet.

Areva, un discours mensonger

Areva se justifie par le fait qu’en France le principe de retraitement est imposé par la loi. Cette affirmation est fausse, la loi française impose aux producteurs d’énergie nucléaire de réduire le volume des déchets nucléaires. Cela peut être fait par le retraitement ou par le conditionnement.

« Dès qu’il est question des déchets, encore plus que sur le reste, l’industrie nucléaire ne dit pas la vérité, déclare Yannick Rousselet. La preuve : alors que la France interdit l’exportation de déchets nucléaires, Areva et EDF expédient vers la Russie d’énormes quantités de déchets par voies maritimes depuis 1972. »

Bien que ce scandale ait choqué la France entière, le ministre, Jean-Louis Boorlo, fait la sourde oreille et Areva et EDF continuent leur sale business en toute impunité.

Depuis octobre 2009, nous demandons au ministre un moratoire sur ces exportations.

Agissez avec nous en écrivant à Jean-Louis Boorlo pour lui demander un moratoire immédiat

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